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Analyse des résultats obtenus

Alors que la Majorité Présidentielle a récemment modernisé la loi pour mieux garantir la protection en ligne ou lutter contre les arnaques au CPF, de nombreux citoyens et collectifs de victimes nous interpellent des dangers sur les réseaux sociaux en particulier à la suite d’actions de certains influenceurs. Les plateformes comme Instagram, Snapchat et Tiktok sont devenues les vecteurs des influenceurs pour s’enrichir en pratiquant le dropshipping, ou autres pratiques condamnables

C’est l’un des sujets qui me tient à cœur, afin de lutter contre la propagation de ces pratiques commerciales trompeuses et illicites sur internet et de travailler sur un nouveau système efficace de responsabilisation des dits influenceurs. Il nous faut donc dresser un état des lieux exhaustif du développement des nouvelles pratiques commerciales et publicitaires liées au marché de l’influence en ligne et sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi j’avais besoin de vos retours d’expérience et remercie ceux qui ont bien voulu prendre le temps de participer au sondage.

L’influence de ces personnalités des réseaux sociaux, ces « influenceur »,suivies par des millions de personnes, et notamment des jeunes, repose sur la proximité ressentie entre eux et leur public. 40% de ceux qui ont participé au sondage passe entre une et deux heures quotidiennes sur les réseaux, 11% plus deux heures quotidiennes.

Si pour 78% des participants la méfiance s’impose, 22% se sont déjà senti manipulé par des influenceurs, dans votre grande majorité dans le cadre d’achat de produit. Le problème, comme vous le soulevez bien, est que beaucoup de ces produits sont frauduleux, soit car ils sont tout simplement inefficaces, et donc valorisés par une publicité mensongère, soit parce qu’ils sont tout simplement illégaux en France. Au travers de paroles vantant l’efficacité ou la praticité d’un produit utilisé officiellement au quotidien, la personne influencée est mise en confiance. L’attrait majeur d’un influenceur n’est pas celui d’un artiste qui est reconnu pour ce qu’il produit, mais bien l’exposition constante de son mode de vie. Ainsi, la relation faussement intimiste développée par ces influenceurs rassure ceux qui les suivent par un sentiment d’honnêteté et de bienveillance à leur égard. Qui plus est, nombre de ces produits sont issus de la méthode du drop shipping qui a déjà été beaucoup critiquée et dont les abus ont été souvent mis en lumière. Ainsi, 34% des participants ont déjà été victime d’arnaque, harcèlement, achat forcé ou autre sur internet, pour la plupart d’entre eux des tentatives de phishing, vol de données de carte bleus et publicité mensongère.

L’immense majorité des participants, 89%, pense les réseaux dangereux pour la santé mentale d’un individu. Pour ceux qui sont parents de jeunes enfants, adolescents, 37% pensent que la relation de leur enfant aux réseaux est effectivement nocive à cause de leur dépendance, de la désinformation auquel ils ont accès, et du conditionnement de la pensée des réseaux.  15% de de ces enfants ont déjà réalisé des achats sur internet sans le consentement de leurs parents, la plupart du temps pour des vêtements ou via des jeux. En revanche, 32% des enfants ont déjà été victime d’arnaques, d’harcèlement, de mauvaise influence ou autre sur internet.

Enfin, en ce qui concerne le sondage focalisé sur les moins de 30 ans, les participants passent en moyenne entre une et deux heures sur les plateformes. 61% d’entre eux considèrent que les influenceurs n’ont pas d’impact sur eux.

Pour les 39 % restant, ils expriment le fait que leur comportement ait été conditionné en majorité lors de leurs achats, souvent incités à la surconsommation, ce qui, par conséquent, influence leur mode de vie puisque cela les pousse parfois à vouloir ressembler aux personnalités en reproduisant leurs coutumes. Le réseau principal qui influence plus de la moitié des votants lors de l’achat d’un nouveau produit est Instagram.

Parmi eux, 45% pensent qu’une marque a raison de passer par des influenceurs pour vendre un produit. Nombreux sont ceux qui ont exprimé l’importance de la vente en ligne pour la jeune génération ainsi que la nécessité d’une nouvelle modalité publicitaire véhiculée par des personnes à travers les réseaux. Parallèlement, 56% des participants expriment leur désaccord avec ce nouveau paradigme, pointant les irrégularités tels que le drop shopping ou encore les arnaques dont eux-mêmes ont été victimes.

Cependant, seulement 38% d’entre eux ont déjà fait le choix d’acheter en ligne au moins une fois et ont été bien souvent, victime d’une arnaque. 

 29% des participants pensent qu’une marque présente sur les réseaux sociaux est plus crédible, affirmant que sa présence sur les réseaux est fondamentale même si les campagnes de communications avec les influenceurs sont souvent mensongères. Ces derniers trouvent que la marque gagne en visibilité, mais difficilement en crédibilité.

C’est sans surprise que, lorsque nous les interrogeons sur « qui utilise qui ? », 77% répondent que les enseignes utilisent les influenceurs autant que les influenceurs utilisent les enseignes. En effet, nombreux sont ceux qui ont mentionné le « commun accord » dans lequel les deux camps tirent profit en obtenant soit l’audience nécessaire à la vente pour les marques soit la rémunération généreuse pour les influenceurs. En conséquence, en s’interrogeant sur le futur de la publicité, afin de savoir si les influenceurs devraient finir par régner sur le marketing en ligne, 80 % ont émis un avis défavorable.

Heureusement, seulement 17% des personnes qui ont collaboré au sondage ont été victimes d’une arnaque en ligne, souvent à la suite de la promotion d’un produit par des influenceurs sur les réseaux.

Ainsi, pour les deux sondages et au regard des problèmes identifiés dont les conséquences vont d’un produit de mauvaise qualité à des difficultés de santé (mentale et physique) graves, ce sont des millions de citoyens qui aujourd’hui suivent ces influenceurs.

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